S’il est un sujet que je vois souvent revenir dans les conversations entre collègues ou sur le web, c’est bien celui-ci : avec quels outils préparer ses cours ? J’ai beau avoir un petit côté geek, j’avoue aimer lier tout cela à une approche un peu plus « rétro » et artisanale. Mais comment je m’organise concrètement ? Voici ma méthode.
Progression et programmation annuelle : la méthode à l’ancienne
Bien évidemment, tout le boulot commence par planifier mon année scolaire. Certains collègues apprécient le tout automatisé (comme le propose Teesth), mais je suis personnellement pour la méthode à l’ancienne. J’aime que mon année et ma progression pédagogique me ressemblent.
- Le découpage du BO : J’intègre mes Bulletins Officiels (BO) dans un tableur. J’attribue des parties à chaque chapitre et je note soigneusement les chapitres antérieurs auxquels il sera fait appel.
- Le repérage visuel : En parallèle, je « stabilote » la version papier de mon BO pour être sûr de ne rien oublier du programme scolaire.
Mon astuce d’organisation : Je me contrains à répartir mes cours sur 25 semaines. Cela permet d’anticiper le mois de juin souvent amputé, les jours fériés (notamment pour le collège) et d’éventuels voyages ou sorties scolaires. En cas d’année plus fluide, cela me laisse une marge de manœuvre précieuse pour prolonger le travail sur certains chapitres complexes.
La conception des cours : simplicité et accessibilité
Pour la conception de mes séquences, je ne travaille pas avec des usines à gaz ou des logiciels spécialisés. Canva et LibreOffice sont mes meilleurs amis ! De même, je stocke tout sur le drive éducation nationale pour conserver les fichiers modifiables et les PDF disponibles au boulot y compris sans clé USB.
Cette année, je vais tester une police d’écriture inclusive développée par le CTR pour la déficience visuelle : Luciole. L’idée est d’avoir une présentation lisible facilement par le plus grand nombre d’élèves, y compris ceux présentant des troubles dys ou visuels. Je vous ferai un retour d’expérience sur le sujet au fil de l’année.
Démarche scientifique et cohérence pédagogique
Dans mes séances, j’essaie de conserver une vraie cohérence sur la forme et la présentation pour travailler efficacement la démarche scientifique et les manipulations. Mon but est de garder une logique dans le déroulé de l’année, en évitant de travailler par gros blocs thématiques.
Mon approche au collège et au lycée
- Au collège : Je travaille en séances guidées par une suite logique de notions. Je m’appuie davantage sur l’accroche de la séance plutôt que sur la stricte logique thématique du BO.
- Au lycée : J’essaie d’alterner les thématiques au maximum pour éviter les « tunnels » de physique ou de chimie de plusieurs semaines. L’idée est de revenir régulièrement (mais rapidement) sur les notions pour favoriser un ancrage mémoriel durable.
De façon très pratique, lors de la création d’un cours, je me pose toujours la question de l’accroche pédagogique. Qu’est-ce qui peut questionner l’élève ? C’est à partir de là que je construis mes activités. En trame de fond, je garde toujours l’idée des prérequis que je vais remobiliser (souvent verbalement ou sans l’écrire explicitement).
L’importance de la trace écrite : adapter selon le niveau
La fiche de révision au collège
Pour les collégiens, je propose une trace écrite courte qu’ils recopieront à la maison avec l’essentiel à retenir. Cette trace est consignée sur des fiches classées par thèmes, qui seront complétées tout au long du cycle.
Cette méthode a un double objectif :
- Un suivi sur 3 ans : Les obliger à garder une trace sur l’ensemble du cycle pour réaliser que l’on précise et on ajoute des concepts d’année en année. L’apprentissage, ce n’est pas du one shot !
- La transversalité : Leur montrer que les connaissances sont thématiques mais doivent se croiser. Sur une même séance, on peut très bien aborder des notions de deux thématiques différentes (l’énergie et les états de la matière, par exemple).
L’efficacité au lycée
Pour les lycéens, les traces écrites sont plus classiques. Je leur fournis le support et nous le reprenons ensemble pour qu’ils l’annotent si besoin. Ce choix stratégique me fait gagner un temps précieux en classe pour insister sur ce qui compte vraiment : la compréhension des phénomènes et la méthodologie.
